Présentation des artistes de la première vente « Transition NFT »

Neuf artistes ont accepté de nous suivre accepté de nous suivre dans cette vente d’un genre nouveau et nous ont guidé en partie la structuration de l’ensemble par leur point de vue original et toujours pertinent. Présentation de chacun d’entre eux par ordre alphabétique.

Grégory Chatonsky : un pionnier de l’art numérique

Grégory Chatonsky

En 1994, il fonde incident.net, première plate-forme de netart en France. Accumulant, depuis des années, des données visuelles et textuelles qui constituent une sorte de mémoire encyclopédique, il réalise des objets entre matérialité et numérique. Flux, imagination artificielle, détournements de programmes sont pour lui un formidable réservoir d’expérimentations et de réflexions. Depuis 2010, son travail se consacre à la notion d’extinction (disparition annoncée de l’espèce humaine), qu’il traduit par de grandes installations. Il imagine des machines qui auraient survécu à l’espèce et capables de concevoir beaucoup plus que l’être humain n’est en mesure de le faire. Grégory Chatonsky se partage aujourd’hui entre la recherche, la création et l’enseignement.

Grégory Chatonsky a exposé au Palais de Tokyo (Paris), au Centre Pompidou (Paris), au Jeu de Paume (Paris), au MOCA (Taipei), au Museum of Moving Image (New York), au Hubei Provincial Museum (Wuhan, Chine), etc.

Il a également bénéficié de nombreuses résidences, notamment : à la Cité Internationale des Arts (Paris, 2019-2020), Abou Dhabi (Émirats arabes unis, 2017), Taluhwen (Guyane, France, 2017), Colab (Auckland, Nouvelle Zélande, 2016), Hangar (Barcelone, Espagne, 2016), Villa Kujoyama (Kyoto, Japon, 2014), MOCA (Taipei, Taiwan, 2012), Xiyitang, (Shanghai, Chine, 2011), Les Inclassables (Montréal, Canada, 2003), Abbaye royale de Fontevraud (France, 2002).

Il a remporté plusieurs prix dont, dernièrement, le prix Audi Talents 2019 et le prix MAIF pour la sculpture 2020.

Olivier Degorce (1964) : des raves à l’expérimentation avec l’outil « appareil photo »

Olivier Degorce

Depuis 1993, Olivier Degorce ouvre de multiples voies dans le domaine photographique. Il s’intéresse aux intérieurs de réfrigérateurs (comme autant de portraits décalés des individus qui les possèdent), avant de faire figure de pionnier dans la photographie des raves et des clubs nocturnes parisiens. L’ouvrage Plastic Dreams (paru en 2018 aux éditions Headbangers Publishing) regroupe les quelques 220 figures de DJ’S que Degorce a alors saisies sur la pellicule. Grâce à l’édition (notamment celle de son roman Un puits sans fond, en 2017-2018), il lie entre elles des expérimentations multiples en associant aux images des histoires et des clés de lecture. Des préoccupations plus intimistes s’installent en effet dans son travail depuis 2009. Manipulant le réel avant de le photographier, il crée des agencements éphémères d’objets qui, sur la pellicule, apparaissent transfigurés. Utilisant l’appareil comme du matériel de peintre, il ouvre de nouveaux territoires et fait tendre vers l’abstraction ses plus récentes photographies.

Pour aller plus loin

L’article Plastic Dreams : plongez dans les folles nuits parisiennes des années 90 du magazine Vogue (23 avril 2018) reprend les clichés iconiques de cette période, notamment 2 lots présentés à la première vente « Transition NFT » :

- Lot 33 : RAVE DANS LA MAISON SUR PILOTIS, GIF SUR YVETTE" (1992))

- Lot 35 : JEFF MILLS (US), Abbaye du Moncel" (1993).

Olivier Degorce a exposé son travail photographique dans de nombreuses galeries, centres d’art et musées, en France et à l’étranger. À Paris : Centre Georges Pompidou, Musée des Arts Décoratifs, Philharmonie de Paris, Centre Culturel Suédois, Passage de Retz, Galerie Intervalle. Mais aussi Confort Moderne (Poitiers), C.A.P.C (Bordeaux), Rectangle (Lyon), Palais Clam Gallas (Vienne), Speak For Gallery (Tokyo), Design Museum (Londres), etc.

Jérémy Kleinberg : Scratching & Collectible NFT « 100 Skulls »

Jérémy Kleinberg (autoportrait)

Né en 1974, Jeremy Kleinberg est un artiste autodidacte français, qui privilégie l’improvisation et l’intuition. L’artiste pratique le dessin et la peinture, mais également ce qu’il nomme le « scratching » : d’un geste pulsionnel, il attaque un panneau en verre trempé, à l’aide d’outils comme des lames dont l’impact est définitif. Peu à peu, les formes et les détails émergent du support, jusqu’à évoquer des figures en volume. D’autres techniques peuvent intervenir par la suite, qui permettent à l’œuvre de monter en couches successives : électronique, calques, acier, aluminium, voire écrans. Le « scratching » s’approche alors de la sculpture. Les Scratchings sont ainsi des gravures uniques au style singulier, résolument ancrées dans le monde contemporain.

L’artiste expose son travail sur les trois niveaux de son atelier situé à Saint-Paul-de-Vence. Ses œuvres sont aussi visibles chez Lubliner Art. Régulièrement, on lui demande de réaliser des performances lors desquelles il exécute une peinture en direct (ainsi, en 2018, au « Dîner blanc » de Saint-Paul-de-Vence). Le musée de Saint-Paul-de-Vence lui a consacré un trimestre d’exposition en 2016. Parmi d’autres publications, on peut citer, la même année, celle que lui a consacrée l’édition polonaise de Forbes Life, ainsi qu’une page entière dans l’Épicurien.

Jérémy Kleinberg est passionné par les nouvelles démarches artistiques que le digital et l’univers des NFTs permet de d’imaginer, que ce soit avec la mise en scène du processus créatif (Process Picasso, lot n° 61) ou la création d’une série limité de « 100 Skulls » issus de la technique du Scratching, avec des fonds vidéos uniques, dont il nous dévoile les 7 premiers dans cette vente (lots 21 à 23, 48 à 55 et 55).

Jean-Paul Lubliner : l’art parisien, architectural et photographique

Jean-Paul Lubliner

Jean-Paul Lubliner, né à Paris en 1951, est diplômé de l’École nationale supérieure d’architecture deParis-La Villette. Créateur de Radio Arlequin (consacrée aux arts et aux spectacles), il s’associe à Jean-François Bizot en 1982 pour développer Radio Nova. En 1990, il fonde la revue Sans nom qui devient Citizen K, fameux magazine de mode et de tendance. En 2005, il cofonde un cabinet d’architecture, qui est aussi un espace multiculturel d'inspiration et d'événements artistiques. Son activité se caractérise par sa multiplicité : expériences variées (art concepteur, architecte, designer, photographe), expositions, collaborations professionnelles à travers le monde. En 1999, il se lance pour défi de prendre un cliché, souvent insolite, de la tour Eiffel, tous les jours jusqu’à l’an 2000. Il reçoit en 2000 le prix Fuji Awards du meilleur photographe. Il est également labellisé par le ministère de la Culture. Devenu le « photographe de la tour Eiffel », il est le seul artiste au monde à pouvoir utiliser librement l’image de la tour Eiffel dans son travail photographique. En 2005, année de la France en Chine, l’artiste est sélectionné par le comité de la France en Chine pour représenter la France. L’exposition « Tour Eiffel, un voyage immobile, par Jean-Paul Luliner » a commencé sa tournée à travers le monde, en particulier par cinq villes de Pologne, pays d’origine de l’artiste, en 2019 et 2020.

Isabelle Marliac : un mélange subtil d’art physique et numérique

Isabelle Marliac

Née en 1960, Isabelle Marliac suit des études d’Histoire de l’art à l’ICART (Paris), couronnées par un mémoire sur les rapports entre la photographie et la peinture. Depuis 1987, elle travaille comme monteuse de films. C’est à partir de 2004 qu’elle aborde l’image comme support de travail à part entière : images extraites de films, puis dessins qu’elle mêle à la photographie : à partir de multiples matières premières, elle explore les très vastes possibilités du numérique. Au fil de différentes séries (« Faces », « Encres et transparences », « Territoires »), et au cours de ce qu’elle désigne comme un « travail intime avec la matière », elle tente, dit-elle de « retrouver une sensation originelle », à travers la « confrontation avec le chaos ».

Parmi ses expositions personnelles et collectives récentes : Salon ART3F (Paris et Toulouse, 2019 et 2020), Galerie Éphémère (Bourg-Saint-Maurice, 2020), Galerie des Lombards (Mougins, 2018), Galerie Maison Dauphine (Aix-en-Provence, 2014 et 2015), Parcours de l’art (Chambéry, 2015), Maison du Terroir du Beaujolais (en duo avec Marcel Nakache, 2014), Domaine des Arts (Antibes, 2014), Hôtel de l’Industrie (Paris, 2011), etc.

Marcel Nakache : un photographe baroudeur qui sublime la ville

Marcel Nakache

Marcel Nakache « entre en images » (selon son expression) en 1979. D’abord assistant de metteurs en scène et de photographes, il passe à la réalisation de films à partir de 1985. Il est l’auteur de spots publicitaires, de reportages, de documentaires pour la télévision, ainsi que de films de commande pour de grands comptes, travaillant tantôt pour des sociétés qu’il crée (Sam Play Production, Videograph.com), tantôt en freelance — statut qu’il adopte définitivement en 2007. Désormais, il alterne photographie, multimédias, création Web, clips, documentaires.  Depuis 2005, il expose dans différentes galeries parisiennes (galerie Dima, galerie Menouar, galerie Ma Kolett) et participe à divers salons d’art contemporain, en France et à l’étranger. Sa démarche consiste à « écrire des histoires en images ». Lors de chacun de ses voyages, il engrange des images jusqu’à saturation. Puis il les détache de leur contexte, les « remet en histoire », crée des assemblages, des imbrications, des télescopages qui subliment la réalité. Il utilise la technique de la « subligraphie » qui consiste à employer « une plaque d’aluminium, des encres certifiées, des vernis, un haute température sous presse, pour donner naissance à des images au rendu exceptionnel ».  

NoArtist – Collectif d’artistes qui façonne avec l’Intelligence artificielle

Le projet NoArtist est celui de la création d'œuvres d’art par intelligence artificielle. Fondé en 2018, le collectif rassemble trois anciens étudiants de Polytechnique spécialisés en science des données. Le principe : créer des œuvres d’art à l’aide d’algorithmes d’intelligence artificielle (IA).

En s’inspirant de centaines d'œuvres existantes, la machine génère des visuels artistiques originaux. Ces œuvres sont ensuite imprimées et exposées. L'idée n’est pas de supprimer l’artiste, au contraire, NoArtist collabore avec d'autres artistes comme le street artiste Romain Froquet, et insiste sur l’importance d’une co-création ingenieur-artiste(s)-machine.

Cette démarche artistique originale s’accompagne d’une démarche de sensibilisation et de questionnement: Qui est l’artiste ici? Peut-on modéliser la création artistique? Cette démarche est centrale dans une société numérique dans laquelle l’IA prend une place grandissante.

NoArtist est connu des milieux artistiques (expositions régulières en galerie) mais surtout de l’environnement « start-up » tech (repérés par le magazine Challenges, collaboration avec Uber, exposition à HEC Paris). Le collectif expose également ses œuvres sur leur site (www.noartist.io). Ils sont parmi les premiers à systématiquement accompagner la vente de leurs œuvres d’un certificat d’authentification blockchain (dès 2018!).  

Georges Saulterre et Jean-Gabriel Tordjman : un dialogue créatif de l’art physique à l’art numérique

Georges Saulterre

Né en Vénétie, en 1943, Georges Saulterre étudie la sculpture et l’architecture à Paris. Le succès est au rendez-vous dès ses premières expositions de sculptures. Créateur infatigable, il imagine des formes nouvelles à partir de tous les matériaux (bronze, ciment, céramique, plâtre, acier, inox). À partir de la fin des années 1970, il conçoit des sculptures monumentales sur les espaces autoroutiers, afin d’exploiter l’angle de vue que l’on peut avoir depuis ces grands axes. Attiré par l’art asiatique, il est repéré par quelques galeries chinoises et ouvre son propre « Espace Saulterre » à Shanghai. C’est là aussi qu’il réalise plusieurs œuvres de grande envergure. Son amour pour la nature et sa tristesse face à son saccage par l’homme le poussent à s’engager en sa faveur à travers son art. Son travail se caractérise par sa monumentalité, sa dimension symbolique, ses figures oniriques qui invitent à méditer sur la condition humaine.

Ses œuvres sont visibles dans l’espace public (mur de terre cuite et miroirs à la Défense, mémorial de la Paix pour la commune d’Alizay, dans l’Eure, sculpture pour le Committee of Qingdao National High-tech Industrial Development Zone, en Chine, etc.) mais aussi dans les musées (Cours royale de Belgique, à Bruxelles ; musée de Qingdao, en Chine ; Musée d’art contemporain Dingli à Xiamen ; MoMa à New York). Outre les très nombreuses expositions dont elle a bénéficié (Paris, New York, Melbourne, Shanghai, etc.), l’œuvre de Georges Saulterre a été récompensée à plusieurs reprises (Premier Prix de la sculpture européenne du Conseil général du Loiret en 2006, Award des 12 plus grands artistes contemporains chinois et étrangers, décerné par le Shanghai Media Group en 2008, médaille d'or de l'Académie des arts, sciences et lettres, en mai 2011).

Jean-Gabriel Tordjman

Jean-Gabriel Tordjman est cinéaste, photographe, peintre multimédia, metteur-en-scène. Après avoir été brièvement comédien au théâtre et au cinéma, il devient, dès 1981, réalisateur de films d’animation, de fictions, de reportages et de films destinés à la communication pour la télévision. Il réalise aussi de nombreux films, conventions, événements et remises de prix pour des entreprises (congrès de l’Ordre National des Comptables, Groupe Moniteur, prix EFFIE, Fondation EDF). Il est l’auteur de décors animés pour des opéras. Il conçoit également des mappings monumentaux (pour le Groupe Moniteur aux Beaux-Arts et au CES de Paris, pour la démolition de la cité Tapie-Mondésir à Agen, pour la cathédrale Saint-Caprais d’Agen, pour le Noël 2019 à Sarlat-la-Canéda).

Georges Saulterre et Jean-Gabriel Tordjman se rencontrent en 2003. Leur association est soudée par la réalisation commune d’un premier film Planète Saulterre. Régulièrement, ils assemblent leurs talents dans leurs projets, où les figures de Saulterre s’animent au sein des films de Tordjman. Rêve, poésie, fantastique sont les caractéristiques de leur travail où les dessins et les sculptures de l’un rejoignent le théâtre et le cinéma de l’autre.